Mon père, Joseph ROUSSELOT, est né le 09 décembre 1918 à Arzano petite commune située dans le Finistère sud.
Il a vécu son enfance et son adolescence dans ce petit village situé entre Plouay et Quimperlé.
C’est avec son père (mon grand' père paternel) qu’il a apprit son métier de forgeron - charron.
Au retour de captivité, il travaillera chez mon grand'père maternel lui-même artisan forgeron, jusqu’à fin des années 50.
Par la suite, il travaillera à Lorient chez Marcesche à Kergroise, où il terminera sa carrière comme chaudronnier.
Après une retraite paisible et bien méritée, il décédera en 1999 à l’âge de 81 ans.
J’ai voulu, à travers ces quelques lignes, retracer son histoire de prisonnier durant la seconde guerre mondiale.
Au hasard de mes recherches sur les sites internet, j’ai trouvé un document (site : gallica) sur lequel figurent son nom, son prénom et diverses informations telles que : grade, régiment, stalag (et/ou Kommando) dans lequel il a séjourné durant ces 5 années de misère.
C’est toujours après coup que l’on se dit… "si j’avais su je lui aurais demandé plus de détails sur sa vie durant cette période".
Il en parlait malgré tout souvent car durant cette captivité il a vécu des souffrances morales, physiques, la faim, la soif, la peur du lendemain parfois, mais aussi des moments intenses d’amitié avec ses camarades d’infortunes.
Début de la guerre :
Après une préparation militaire, il a fait son service militaire à Vannes (il parlait souvent du 35 à Vannes ( ?) sûrement un numéro de régiment).
Quand la guerre s’est déclarée il avait 21 ans, il était brigadier dans l’artillerie au 218ème RA. Ce devait être un régiment de campagne, car il parlait toujours de ses débuts à cheval.
Il était en action de combat sur la frontière dans les environs de Charleville-Mézières.
Il expliquait à l’époque :
« Nous avons fait 3 mois de guerre disait-il, tiré peu d’obus car avec les chevaux nous mettions beaucoup trop de temps pour changer de position, l’artillerie allemande nous repérait et c’était infernal. »
En effet celle-ci était déjà motorisée, donc beaucoup plus efficace et rapide.
Il ironisait sur son armement personnel, il avait un pistolet à barillet contenant six cartouches, pour lui c’était un armement dérisoire par rapport à celui de l’envahisseur allemand.
Début de la captivité :
Un jour de mai 40, dans la région de Charleville-Mézières son régiment a été cerné par l’armée allemande, ils ont eu juste le temps de neutraliser les pièces d’artillerie avant de se rendre.
Mon père était fait prisonnier faute d’armement adapté pour défendre sa patrie, il le dira souvent...
En corollaire il précisait « C’est peut être çà qui ma sauvé la vie… »
Puis c’est la grande marche vers l’Allemagne avec l’incertitude de l’avenir, toutes les privations que cela implique, la séparation de la famille, le manque de nourriture, la soif…
« La soif c’est terrible disait-il, la faim on peut s’adapter temporairement. »
Après une partie du voyage en wagon à bestiaux, c’est l’arrivée au Stalag IV B en Saxe de l’autre coté de l’Elbe, comme il aimait à le préciser.
Étant forgeron de métier, il fut affecté chez un patron maréchal-ferrant, il travaillait tantôt dans un atelier où il effectuait des travaux de ferrage des animaux domestiques, tantôt dans une ferme où il effectuait les travaux des champs, il labourait des parcelles de terre avec un attelage de bœufs ou de vaches.
A cette époque, le soir il était hébergé avec ses camarades dans un Kommando (lequel ?)
Si j’ai bien compris, le Kommando était un baraquement gardé près du lieu de travail.
Mon Père parlait souvent d’une ferme (ou de l’atelier) situé à Zahna ( ?) ou un nom de cette consonance il parlait aussi de Wittenberg…
Lorsqu’il travaillait à la ferme il mangeait correctement.
Au début de la captivité les KG étaient très mal vus par la population et les employeurs, mais le temps passant il s’établissait une certaine confiance avec le prisonnier.
Quand c’était possible il ramenait de la nourriture aux copains (des patates entre autre).
Quand l’occasion se présentait, les collets permettaient d’attraper des lapins pour améliorer les repas… mais il ne fallait pas se faire attraper avec les gardiens.
Les colis de la Croix-Rouge permettaient également d’améliorer « l’ordinaire ».
Dans la chambrée, lors des moments de tristesse où le mal du pays prenait le dessus, mon père jouait de l’harmonica, ses copains se mettaient à chanter, ces intermèdes musicaux remontaient un peu le moral.
La libération du stalag a eu lieu en 45 par les Russes, il expliquait que les gardiens allemands courraient devant car les troupes russes ne leur faisaient pas de cadeau.
Au début du contact avec les Russes il disait avoir eu peur, car il fallait prouver aux Russes que l’on n’était pas allemand, passé ce cap tout allait mieux, le seul mot russe qu’il connaissait c’était : "tovaritch" qui signifie camarade.
Par la suite les prisonniers ont été transférés vers Odessa puis rapatriés en France, c’est la seule fois de sa vie que mon père prendra l’avion, un DC3.
Mon résumé est assez succinct, aujourd’hui je regrette de ne pas en savoir plus sur cette période. Si quelqu’un peut m’apporter des précisions sur son parcours, je suis preneur de toute information et je vous en remercie d’avance.
Paul Rousselot
Mon Père est l’homme le plus à gauche sur la photo (la main dans la poche). Je ne sais pas si cette photo a été prise au Stalag IVB ou dans le Kommando.
1 commentaires:
Paul Rousselot a-t-il fait une demande de renseignements au BAVCC de Caen? c'est le meilleur moyen pour connaitrenle parcours de son père, et peut-être savoir le nom du kommando.
cordialement
Brigitte
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