05 mai 2016

Auguste-Jean GAUDIN


Portrait d'Auguste-Jean GAUDIN



"GAUDIN
Un type comme on en voit peu.
GAUDIN vu par Jean-Louis MERLE "el Zazou"
( © collection privée)

Une figure ovoïde axée de travers, un menton anormalement proéminent, des lèvres tordues par un rictus perpétuel, un nez qui n'en finit plus, des yeux brillants de fièvre, des joues creuses et blêmes, une barbe qui ébrèche le rasoir, une tignasse impossible à décrire, tels sont les éléments d'une synthèse qui semble imputable au ciseau du sculpteur décadent en mal d'inspiration surréaliste. Cette tête étrange, juchée sur un torse maigre qu'encadrent des bras efflanqués, d'une longueur inusitée et que soutiennent deux guibolles paradoxalement courtes, est l'aboutissement d'un ensemble qui suffirait à lui seul, si l'on tentait un essai de classification orthodoxe, à faire ranger Gaudin hors de toute catégorie bien déterminée.
Au moral c'est également un personnage rigoureusement à part.
Il est entendu que la Bohème n'a pas survécu à Murger. Trop longtemps, en effet, elle a servi de masques aux cyniques et aux faux-sceptiques. Il existe toutefois, de part le monde, quelques désabusés qui ne croient plus à rien, qui n'ont aucun souci des valeurs officielles ou des droits acquis, qui vivent en eux et pour eux, sans être dépourvus cependant d'un altruisme bourru et véritable. Ils contribuent Villon et Rimbaud, Trillo et Jules Vallès. Le jargon moderne les qualifie de non-conformistes. S'il fallait absolument accoler une étiquette à Gaudin, ce serait celle là.
Comme beaucoup de réfractaires, il reste sensible à l'harmonie. Celle des couleurs surtout puisque c'est un peintre. Pas à l'harmonie reconnue d'utilité publique mais à une harmonie intérieure, personnelle, subjective.
Un semblable état d'esprit ne s'explique pas. Au surplus avec sa logique de rapin, Gaudin s'en fout."


Signé : Charles PATOZ




    Avec six autres peintres, dont Jean-Louis MERLE auteur de son portrait, GAUDIN faisait partie du "Syndicat de la barbouille" (cf. "Stalag IV C" dessins de J.-L. Merle, textes de P. Merle - e/dite - 2005) au sein du Kommando 459 de Brüx-Hydrierwerk. 


Jules BIRAU lisant un livre au Stalag IV C à Wistritz le 03/12/1943
(Auguste Jean GAUDIN - crayon noir 209 x 147)

Toute info sur ce Jules BIRAU est la bienvenue ...


    Né en 1914 à Argentré-du-Plessis (35) Auguste-Jean GAUDIN est élève, au début des années "30", de l'École Régionale des Beaux Arts de Rennes.
Il a réalisé de nombreux dessins et gravures de scènes de la vie quotidienne au Stalag.
Après guerre, il fait de la peinture et de la gravure son métier et reçoit le prix Blumenthal en 1948. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans des musées nationaux.

Il est décédé en 1992. 

 La partie de cartes au Stalag IV C le 20/12/1944
(
Auguste Jean GAUDIN - fusain 178 x 146)

Le texte de Charles PATOZ et la caricature de A.-J. GAUDIN proviennent des archives de François Léger.
Les dessins réalisés au Stalag m'ont été adressés par François D. dont le père, également artiste peintre, a travaillé avec lui.
Merci à eux !

Les infos ont été "récupérées" sur Wikipédia.

Textes et photos sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR




26 avril 2016

Les P.G. - autres que Français - morts au IV C

                  P.G. - autres que Français - DÉCÉDÉS au IV C




  • ALESI Mario, 17.066/I B, 1920 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • ANTONIACCOMI Fermo, 10.411/IV C, 1920 Italie/ 21.07.1944, bombardement de Brüx
  • ATKINSON John, 259.183/IV B, 1917 GB/12.05.1944  Maltheuern, bombardement 
  • ATQUET Hubert, 20.610/IV A,  .. Belgique/27.03.1944,
    Fiche de Hubert ATQUET
     
  • BACCHINI Ettore dit Antonio, 13433/.. , 1913 Italie/ 07.04.1944, tuberculose
  • BALESTRINI Carlo, 244.139/IV B, 1916 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • BASSO Angelo, 240.121/IV B, 1910 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • BASSO Carlo, 9.113/IV C, 1919 Italie/24.12.1943, tuberculose
  • BATEMAN Noël, 263.196/IV B, 1906 Afrique du Sud (Anglais)/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • BIASOTTO Marcello, 240.598/.. , 1910 Italie/06.02.1944, paralysie cardiaque
  • BIFFI Ernesto dit Giuseppe, 245.868/.., 1913 Italie/ 07.01.1944, anomalie cardiaque
  • BIONAZZI Giuseppe, 9.567/IV C, 1919 Italie/08.03.1944, tué en s'évadant
  • BITTONI Vittorio, 239.009/IV B,
  • BOARER Thomas, 267.876/IV B, 1920 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • BOGLIOLO Francesco dit Battista, 241.313/.., 1923 Italie/ 03.06.1944, tuberculose
  • BOLIS Bortolo, 231.495/.. , 1912 Italie/07.01.1944, anomalie cardiaque
  • BONUGLIA Quinto, 10.101/IV C, 1923 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • BRIANTI Luigi, 240.655/IV B, 1910 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • BROWNE Alfred, 22.370/VIII B, 1918 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • BROWN Jack, 229.780/IV B,..../1944,
  • BULDER Eppo, 106.923/XI A, .. NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CALVERT George, 258.506/IV B, 1915 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CALZAVARA Guido, 241.190/.., 1911 Italie/01.05.1944, tuberculose
  • CAMPBELL Stuart, 259.494/IV B, 1919 GB/12.05/1944, bombardement de Brüx
  • CAMPOSTRINI Alberico, 6.166/I B,
  • CAPECCHI Gino, 239.520/.. , 1913 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CAPOMAGGI Pasquale, 244.317/... , 1923 Italie/14.03.1944, anomalie cardiaque
  • CARASSO Armando, 240.861/IV B, ... Italie/.....1944, 
  • CARRIOTTI Raniero, 240.953/.., 1914 Italie/09.12.1943, anomalie cardiaque
  • CASTELLAN Giulio, 9.040/.., 1913 Italie/08.12.1943, anomalie cardiaque
  • CECCHI Nazzareno, 10.186/.., 1917 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CERONI Cesare, 238.245/.. , 1913 Italie/28.03.1944, tuberculose
  • COMASTRI Pietro, 244.380/.., 1912 Italie/19.03.1944, troubles intestinaux
  • CONTE Salvatore, 244.274/.. , 1923 Italie/19.02.1944, troubles cardiaques
  • CORAZZA Armando, 240.861/.. , 1913 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • COROZZA Rodolfo, 10.243/IV C, 1914 Italie/01.03.1944, troubles cardiaques
  • CORP George, 22.369/VIII B, 1911 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CORUZZI Quirino, 241.148/.., 1913 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CRAIG William, 223.508/IV B, 1919 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
    William CRAIG
  • CRETA Alessandro, 9.255/.. , 1912 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CROOK Frédérick, 259.208/IV B, 1917 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • CURTI Giuseppe, 238.952/.., 1923 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • DAMMERS Gerardus, 96.720/IV B, 1910 NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • DARIDA Rodolfo, 244.270/IV B, ... Italie/.. 08.1944,
  • DAVIES John, 258.905/IV B, 1915 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • DEL TURCO Luigi, 9.188/IV C, 1922 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • DE PALMA Alfono, 9.233/IV C, 1922 Italie/06.03.1944, tué en s'évadant
  • DE ROSSI Giuseppe, 10.409/IV C, 1919 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • DI CHICCO Mario, 19.481/.. , 1911 Italie/11.01.1944, anomalie cardiaque -
  • DI STEFANO Domenico, 240.747/.., 1915 Italie/24.01.1944, anomalie cardiaque
  • DONATI Dino dit Silvio, 239.782/.. , 1910 Italie/07.01.1944, tuberculose
  • D'ORAZIO Tommaso, 240.968/.. , 1923 Italie/22.04.1944, tuberculose
  • ERMINI Giovanni, 239.653/.. , 1909 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • FABBRO Osvaldo, 239.550/IV B, 1909 Italie/29.02.1944, hôpital de Teplitz-Schönau
    Osvaldo FABBRO
  • FACCHINI Pasquale, 10.519/IV C, 1918 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • FACCIONI Corrado, 243.272/..., 1910 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • FAIRFAX-COOKSON Thomas, 258.278/IV B, 1916 Colombie Britannique/12.05.1944 Obergeorgenthal, bombardement
  • FERRARA Giuseppe,... , 1917 Italie/24.12.1943, tué en s'évadant
  • FERRARI Dante, 239.989/IV B, 1911 Italie/02.03.1944, troubles intestinaux
  • FIORESE Antonio, 240.667/IV B, 1913 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • FIORINI Annibale dit Federigo, 241.155/IV B, 1913 Italie/09.03.1944, troubles cardiaques
  • FONTANESI Francesco, 240.710/IV B, 1914 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • FRANKFORT Jacobus, 106.064/XI A, ... NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • FREGNAGO Gino, 10.080/.. , 1914 Italie/27.12.1943, troubles intestinaux
  • FRENCH Jack, 250.128/IV B, 1918 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • GALANTE Stefano, 15.066/I A,..... Italie/....1944,
  • GAROLI ou GARULI Giovanni, 244.107/IV B, 1923 Italie/ 21.07.1944, bombardement de Brüx
  • GATTESCHI Alfredo, 240.576/.. , 1910 Italie/08.04.1944,
  • GATTI Vito, 10.039/IV C, 1920 Italie/17.03.1944, crise cardiaque
  • GEUNA Giuseppe, 10.314/.. , 1916 Italie/30.12.1943, malaria
  • GIUFRIDA Sebastiano dit Antonio, 20.767/... , 1920 Italie/07.01.1944,
  • GLOPPER Hubertus, 96.758/IV B, ... NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • HALLIDAY Robert, 259.622/IV B, 1919 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • HIND Eric, 224.413/IV B, 1920 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • HODGES Alexander, 261.399/IV B, 1914 GB/12.05.1944 Maltheuern, bombardement
  • HUISMAN Hermannus, 107.510/XI A, 1918 NL/21.04.1944,
    Inventaire des effets de Hermannus HUISMAN
  • HUTCHINGS Walter, 266.866/IV B, 1908 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • IOTTI Roberto, 18.956/I B,... Italie/....
  • JACCOLO Leopoldo, 9.866/IV C, 1912 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • JACKSON Alan, 275.215/IV B, 1923 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • JONES Arthur, 258.304/IV B, 1914 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • KOK Dirk - 107.976/XI A, .. NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • KOOT Jan, 106.171/XI A, ...NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • LABRIOLA Matteo, 2.027/I B, 1902 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • LAMBAART Abraham, 96.889/IV B, ...NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • LO GIUDICE Francesco, 9.453/IV C, 1912 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • LOWTHER Harry, 258.567/IV B, 1910 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • MAGGIOLO Giovanni, 240.376/IV B, 1915 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • MANEINI Francesco, 15.966/I A, ....Italie/...1944,
  • MARISALDI Elio, 230.743/IV B, 1924 Italie/02.03.1944, asphyxie
  • MARTINI Aristo, 9.962/IV C, ...Italie/...1944,
  • MARTINIS Luigi, 9.343/IV C, 1913 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • MASCOTTO Giuseppe, 239.892/.. , 1910 Italie/12.05.1944, bombardement  de Brüx
  • MATHESON Simon, 258.916/IV B, 1914 GB/12.05.1944, bombardement  de Brüx
  • MAZZARELLA Pietro, 9.925/.. , 1922 Italie/09.01.1944, malaria
  • MAZZOLI Angelo, 240.292/.. , 1910 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • MEGANTI ou NEGANTI Anacleto, 239.620/IV B, .. Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • MENINI Ivo, 244.247/..   , 1923 Italie/02.11.1943, typhoïde
  • MIGNATTI Giovani, 241.238/IV B, 1911 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • MILANI ou MILANO Ottorino, 239.893/IV B, 1910 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • MINNIE Johannes, 225.579/IV B,.... /...1944,
  • MONTAGNE Teresio, .... - 1921 Italie/08.03.1944 Aussig,
  • MONTARINO Aldo, 256181/IV B, 1914 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • MONTERMINI Giuseppe dit Alberto, 240.911/.. , 1913 Italie/26.04.1944, troubles intestinaux
  • MOORE Charles, 224.734/IV B, 1907 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • MORETTI Luigi, 239.171/.. , 1914 Italie/16.02.1944, problèmes intestinaux
  • MUSCETTI Martino, 244.036/IV B, ...Italie/28.03.1944 Bilin 
  • NOSEDA Giuseppe, 244.140/IV B, 1916 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • NOSEDA Nicola, 244.141/.. , 1918 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx 
  • NUZZO Franceso, 14.799/I B, ... Italie/... 1944,
  • OTTES Klaas, 98.042/IV B, ...NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • PAPORELLO Francesco, 10.192/.. , 1916 Italie/27.12.1943, anomalie cardiaque
  • PARAMENTIC Milivoje, 88.265/IV B, 1900 Serbie ? /23.04.1944 Bilin 
  • PELLANDA Guerrino, 244.102/.. , 1916 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • PERICOLI Mario - 9.958/IV C - 1923 Italie/20.04.1944 - tuberculose ou 21/07/1944 bombardement de Brüx (répertorié 2 fois ..)
  • PESCATORI Bruno, 9.200/.. , 1921 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • PESCE Emilio, 232.630/IV B, 1918 Italie/20.01.1944 Lazarett Aussig
  • PETRINETTO Giuseppe, 10.511/.. , 1918 Italie/30.12.1943, troubles intestinaux
  • PEZZOLI Alfredo, 9.300 ou 9.600/IV C, 1912 Italie/15.03.1944, tuberculose
  • PIANTAMIDA Mario, 243.986/.. , 1920 Italie/12.03.1944, anomalie cardiaque
  • PINOTTI Orfeo, 13.048/I B - ....,
  • PONGARO Vittorino, 239.760/.. , 1910 Italie/20.03.1944, crise cardiaque
  • POSARELLI Luigi, 239.546/IV B, 1915 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • POTGIETER Frederik, 262.835/IV B, 1915 Transvaal (Britannique)/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • PRATI Sesto dit Giuseppe, 236.640/.. , 1924 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • PRESTIANI ou RESTIANI Vincenzo, 9.034/IV C, 1914 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • PRIOR Thomas, 1.013/XXI B, 1909 GB/16.05.1944 Dux
  • PULCINI Nazzareno dit Camillo, 13.333/.. , 1911 Italie/ 29.04.1944, tuberculose
  • RANKIN Frederick, 250.952/IV B, 1911 Inde (Britannique)/12.05.1944, bombardement de Brüx
    Liste de Britanniques 
  • RAYBOULD Stanley, 258.865/IV B, 1908 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • REDFORD William, 250.087/IV B, 1911 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • RITI Rinaldo, 22.222/I A, 1915 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • RIZZO Giuseppe, 9.298/.. , 1912 Italie/03.04.1944, troubles intestinaux
  • RIZZOLO Giuseppe dit Angelo, 10.051/.. , 1911 Italie/12.05.1944, bombardement 
  • ROBELLI Mario - 3.067/I A - 1910 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • ROMANI Arturo, 10.384/IV C, 1915 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • RORATO Giovanni, 9.758/.. , 1923 Italie/15.05.1944, tuberculose
  • ROSATI Antonio, 9.046/.. , 1920 Italie/10.01.1944, détérioration organique
  • ROSSANO Antonio, 240.896/IV B, 1917 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • ROVELLI Luigi, 244.367/IV B, 1913 Italie/17.03.1944, anomalie cardiaque
  • RUGGERI Gino, 13.440/I B, ....
  • RYDER John, 258.960/IV B, 1919 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • SACCUCCI Antonio, 10.522/IV C, 1914 Italie/03.03.1944, hémorragie
  • SANDERS Alexander, 96.805/IV B, ...NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • SANTOLINI Lino dit Claudio, 9.919/.. , 1913 Italie/12.05.1944, bombardement  de Brüx
  • SCALINI Enrico, 103.330/IV C, 1923 Italie/06.03.1944, troubles cardiaques
  • SCAPIN Stelio, 232.965/IV B,  ...
  • SCHKOLJNYI Stepan, 216.822/IV B, 1912 Ukraine/14.02.1944
    Stepan SCHKOLJNYI
     
  • SCIUTTI Quintilio, 10.290/IV C, 1916 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • SCOPPETTA Giuseppe, 9.846/IV C, ...
  • SEBASTIANELLI Pietro dit Giovanni, 21.546/.. , 1923 Italie/30.06.1944, typhoïde
  • SHICKELL Edward, 258.802/IV B, 1921 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • SIGNORINI Angelo, 245.240/IV B, 1916 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • SIPTHORP Albert, 251.729/IV B, ....
  • SPADAFORA Guiseppe, 10169/IV C, ...
  • SPARACO Antonio, 257.880/IV B,...Italie/.. 08.1944,
  • SPINK James, 262.274/IV B, 1914 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • STABILE Giuseppe, 23.468/.. , 1921 Italie/04.02.1944, anomalie cardiaque
  • STANGHIERI Pasquale, 244.374/IV B, 1915 Italie/16.03.1944, anomalie cardiaque
  • TACCHINI Giovanni, 240.635/.. , 1920 Italie/20.02.1944, anomalie cardiaque
  • TAGLIOLI Enzo, 13.934/.. , 1922 Italie/16.04.1944, troubles intestinaux
  • THOMAS Sydney, 267.343/IV B, 1918 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • TODD David, 252.783/IV B, .../...1944,
  • TOMOLI Pietro, 244.145/IV B, ...
  • TORZELLO Jppazio, 10.277/IV C, ...
  • TREMLETT Sydney, 226.744/IV B, .../...1944,
  • TRIBI Livio, 244.058/IV B, 1921 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • TRIJSSELAAR Wilhelmus, 96.866/IV B,... NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • TURCHI Glauco, 239.047/I B, 1924 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • UNDERWOOD John, 250.075/IV B, 1920 GB/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • URBANI Domenico, 108.387/.., 1919 Italie/13.04.1944, crise cardiaque
  • USTINI Giovanni, 17.194/.. , 1912 Italie/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • VAN DER FELZ Johannes, 107.434/XI A,
    Liste de Néerlandais
    ...NL/12.05.1944, 
    bombardement 
    de Brüx
  • VAN DER GRAAF Johannes, 106.512/XI A, ..NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • VAN DER GRIJP Bernard, 106.262/XI A,.. NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • VAN LEEUWEN Leendert, 106.108/XI A, ... NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • VERMEER Dirk, 107.255/XI A,..../1944,
  • VICARIOTTO Ottavio, 240.645/.. , 1923 Italie/28.03.1944, tuberculose
  • VISENTINI Rodolfo dit Luigi, 244.052/.. , 1911 Italie/30.05.1944, tuberculose
  • VISONA  ou VISUNO Gelsomino, 241.085/IV B, 1918 Italie/21.07.1944, bombardement de Brüx
  • VIZZACCHERO Francesco, 9.617/.. , 1914 Italie/26.02.1944, troubles cardiaques
  • VURENS Thomas, 98.191/IV B, ...NL/12.05.1944, bombardement de Brüx
  • WEISS Frederick, 259.680/IV B, 1919 GB/12.05.1944, bombardement  de Brüx
  • WILLGOSS Robert, 250.216/IV B,1914 GB/12.05.1944 Maltheuern, bombardement 
  • ZANNELLI Luigi dit Luigi, 24.186/.. , 1922 Italie/07.01.1944, troubles intestinaux
  • ZITO Giovanni,15.030/.. , 1912 Italie/23.02.1944, troubles cardiaques
  • ZOIA Angelo, 254.497/IV B, ... Italie/....1944,


  • Note : les différentes indications sont les suivantes :
    nom et prénom / N° de K.G. et stalag ou frontstalag d'immatriculation / année et pays de naissance (éventuellement nationalité)/ date et (parfois) lieu de décès / cause de la mort (quand elle est connue)

    Les P.G. Italiens décédés entre novembre 1943 et avril 1944 étaient au camp 22 près de Brüx. Nombreux (trop ... pour que les circonstances des décès soient exactes) sont dits décédés de troubles ou anomalies cardiaques.

    Les victimes (Italiens) des bombardements de mai à juillet 1944 sont toutes du camp 27 B près de Brüx.

    Ne sont pas comptés ici - par manque de documentation - les autres nationalités ... 
    Pour les P.G. Soviétiques le recensement de ceux décédés au IV C est en ligne sur ce site :https://www.obd-memorial.ru/html/info.htm?id=300202024&page=1


    Toute photo est la bienvenue ... : stalag.4c@sfr.fr

    Cette liste - malheureusement pas exhaustive - sera mise à jour au fur et à mesure de la découverte de nouveaux noms ou éléments.

    Les noms des P.G. Français du IV C morts en captivité sont recensés sur cette page :
    http://stalag4c.blogspot.fr/2014/01/les-francais-decedes-au-iv-c.html

    Photos sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR

    05 avril 2016

    Assassinats ...



    En ce début juin 1943, le prisonnier de guerre français Georges FENSCHE, 39 ans, matricule 32.127/I B, du Kommando de NeuWistritz, est emprisonné dans une cellule à la Kommandantur du Stalag IV C de Wistritz.


    Comme ses autres camarades punis, il part travailler, le 03 juin, à la réfection d'une route à environ deux kilomètres du camp.



    Le contremaître - un civil - trouvant que FENSCHE ne travaille pas assez vite le menace à plusieurs reprises. Ne pouvant le frapper sur la route et donc devant ses camarades, il le fit venir dans une baraque du chantier et là, aidé de la sentinelle, le brutalisa.

    A sa sortie, FENSCHE, marqué par les coups reçus, déclara à la sentinelle qu'il souhaitait rentrer au Stalag pour voir un officier.  Le Posten acquiesça et dit au prisonnier de marcher devant.

    La suite est dramatique ...

    Sur le chemin du retour FENSCHE fut abattu !

    Un médecin français, le docteur GUÉRIN, examina le corps et mentionna dans son rapport que le coup de feu n'avait pu être donné à bout portant puisque les vêtements du malheureux P.G. ne portaient aucune trace de brûlure.

    Aucune sanction ne fut prise contre la sentinelle ...

    Le dimanche suivant, en effet, c'est ce soldat allemand qui fut désigné pour encadrer les prisonniers du Kommando et les conduire sur les lieux d'un match de foot. Les prisonniers refusèrent et furent donc privés de sortie. 
    Kurt H. dit "L'assassin"
    (extrait du témoignage du P.G. Georges LE COQ)


    Le 28 juin 1943, vers 23h, le P.G. Marcel ROCHER, 51.743/XIII A, est à son tour assassiné par un sous-officier allemand de la Schaufelfabrik ...

    Ils ne furent malheureusement pas les seuls à mourir sous les coups ou les balles allemandes...

    Le meurtrier de FENSCHE, le soldat allemand Kurt H. , 22 ans, dit "L'assassin",
     devint à son tour Prisonnier de guerre des Américains le 22 octobre 1944 ... Qu'advint-il de lui ensuite ?

    Après guerre des instructions furent ouvertes par des tribunaux français contre les meurtriers des P.G. nationaux.
    Le colonel Lorenz, commandant le Stalag et le capitaine de l'Abwehr - surnommé "La gaufrette" - furent également inculpés dans le cadre de ces affaires criminelles.

    Photos sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR

    26 février 2016

    Organisation du service de santé

    Organisation du service de santé au Stalag


       Au cours de cinq années de captivité, les services médicaux du Stalag IV C ont vu passer près d'une cinquantaine de médecins français
    (généralistes, chirurgiens, dentistes etc. dont les listes suivront dans un prochain article).

         Les médecins étaient répartis dans les lazarett, infirmeries et les deux stations dentaires. 
    Hôpitaux :
    • Bilin : 500 lits (pour toutes les nationalités) ;
    • Schönlinde : 100 lits.

      Dans certains cas des prisonniers étaient également transférés vers le lazarett d'Elsterhorst (Oflag IV D).
    Infirmeries :
    • Aussig-Pokau : 100 lits ;
    • Böhmisch Leipa : 100 lits ;
    • Brüx (Reichsbahn et Hydrierwerk) : 100 lits ;
    • Dux (station dentaire) ;
    • Hertine : ?
    • Johnsdorf : ?
    • Komotau : 100 lits ;
    • Oberleutensdorf (B.A.B. camp 27) : ?
    • Reichenberg : 100 lits ;
    • Triebschitz : ?
    • Wilsdorf : 100 lits ;
    • Wistritz : 100 lits.
    • Wistritz (station dentaire).
    Jean DUBUT, debout au centre,
    au lazarett de Bilin (col. Claude Dubut)

       Ceux qui passèrent au lazarett de Bilin dépendaient directement du médecin chef allemand du lazarett, le major (commandant) Preis et travaillaient en collaboration, au moins théorique, avec d'autres médecins, prisonniers de guerre, d'autres nationalités dont des anglais mais surtout des Serbes.

      Ceux qui étaient affectés aux infirmeries étaient, en principe, maîtres de leurs décisions médicales ; sur le plan militaire ils étaient, naturellement, sous la dépendance de sentinelles allemandes chargées de la discipline de l'infirmerie et de la garde des prisonniers de guerre. Mais ils étaient surtout placés sous l'autorité du médecin chef allemand du Stalag IV C, le major Stelzig - stationné à la Kommandantur de Wistritz - lequel effectuait des visites de contrôle, plus ou moins rapprochées, dans les dites infirmeries, visites "surprises" et donc particulièrement redoutées, surtout par les "resquilleurs" qui, avec la complicité des médecins français et pour des motifs très spéciaux, réussissaient à prendre - à tour de rôle - quelques jours de repos... Repos souvent brutalement interrompu par l'intervention du major Stelzig qui ne se laissait pas facilement berner.


      Mais toutes les infirmeries n'avaient pas la même organisation : certaines n'avaient pas de médecin prisonnier de guerre et se trouvaient directement sous la tutelle d'un médecin allemand chargé, non plus du contrôle, mais de soins eux-mêmes ; d'autres avaient bien selon leur importance un ou plusieurs médecins P.G. mais pas forcément français ou pas tous français.

    Personnel médical de l'infirmerie d'Aussig-Pokau en 1942 (col. L.P.-D.)


       Les médecins français n'étaient pas forcément affectés à demeure à leur infirmerie. Il était fréquent qu'ils soient mutés de l'une à l'autre, suivant les décisions prises par le major Stelzig.



       Les premiers médecins  français étaient des médecins Prisonniers de guerre. En application de conventions spéciales intervenues entre la France et l'Allemagne, dans le cadre de l'opération dite de "La relève", tous firent l'objet d'une mesure de rapatriement fin 1943. Ils furent remplacés par d'autres médecins français venus de France dits "médecins releveurs", tous étaient volontaires et composés de médecins officiers, de jeunes médecins et même d'étudiants en médecine ayant déjà un nombre de certificats ou de titres jugés suffisants.



      Pour leur donner plus d'importance auprès des militaires allemands, le gouvernement français accorda, d'office, le grade de sous-lieutenants aux plus jeunes, lesquels allaient effectivement revêtir l'uniforme militaire pour la première fois en partant pour l'Allemagne.


       Contrairement aux promesses formelles qui leur avaient été faites par les services allemands de France avant le départ (droits de revêtir un costume civil, d'avoir des rapports normaux avec la population, de dormir en ville ou de sortir), les "releveurs" durent impérativement s'intégrer dans la masse des P.G. français et subir le même sort que ceux-ci et dans les mêmes conditions que les médecins prisonniers qu'ils étaient venus remplacer.

       Les médecins étaient assistés dans les établissements de soins par des infirmiers prisonniers de guerre également français (dits "sanitaires") qui étaient assez nombreux au IV C.

    D'après les notes manuscrites de Élie-Jean PASCAUD

    Photos sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR

    L'infirmerie d'Aussig Pokau

    Bref  historique de l'infirmerie d'Aussig-Pokau

       L'infirmerie d'Aussig-Pokau (aujourd'hui : Ústi nad Labem - Bukov) fut ouverte le 17 février 1941 avec comme médecin-chef français le lieutenant-médecin LERICH (vraisemblablement au milieu de "ses sanitaires" sur les photos publiées), matricule n° 1515 et un personnel sanitaire restreint. Par la suite le personnel fut augmenté et fut toujours suffisant pour tous les soins à donner aux malades. Le nombre des places disponibles était de 106. La moyenne des malades a varié suivant les saisons et les années. De 1941 à 1943, moyenne de 80 en hiver et 50 en été ; de 1943 à 1945, moyenne de 60 en hiver et 40 en été. Maximum atteint 105 - minimum 37.

       En janvier 1945 arrivent 80 P.G. anglais dont les pieds furent gelés pendant leur évacuation de Silésie. En avril-mai 1945 sont hospitalisés 20 malades français atteints de dysenterie contractée aussi pendant l'évacuation de l'est vers l'ouest.



       Les soins étaient donnés par un médecin français responsable et des infirmiers français travaillant sous ses ordres. Les huit derniers mois ce fut un médecin anglais. Aucune plainte n'a jamais été formulée par les malades.

       Outre des soins, les médicaments étaient distribués normalement et suffisamment, et cela parce que la pharmacie de l'infirmerie était ravitaillée par une pharmacie de la Wehrmarcht. Grâce à la sympathie témoignée par le pharmacien-chef allemand et les facilités accordés à la signature du pharmacien-chef de l'hôpital d'Aussig, les médicaments ont été obtenus en quantité suffisante. En dernière année, vu la pénurie existante dans l'armée allemande, les envois pharmaceutiques de la Croix-Rouge française et de la Croix-Rouge internationale (envois anglais et américains) ont rendu de grands services et ont permis de tenir jusqu'à la libération.


       Si les médicaments prescrits n'existaient pas dans la pharmacie militaire allemande, une autorisation était donnée de se les procurer dans les pharmacies civiles qui n'ont jamais opposé de refus. Ces derniers médicaments étaient payés soit par les services compétents du stalag, soit par les malades eux-mêmes pour lesquels un service d'entraide avait été créé.



       Un contrôle au point de vue sanitaire était exercé par le médecin-chef de l'hôpital d'Aussig. Tous les mois il passait une visite réglementaire. Il fut toujours bienveillant. Il exerçait aussi le contrôle administratif de l'infirmerie qui était considérée comme une annexe de l'hôpital d'Aussig. Les papiers administratifs, après signature par ce médecin-chef, étaient expédiés au stalag. Ces papiers, en particulier les dossiers des malades, sont donc à chercher dans les archives médicales du stalag IV C à Wistritz.



       A signaler que certaines réclamations justifiées n'ont jamais obtenu satisfaction : ainsi une voiture affectée à l'infirmerie pour le transport urgent des malades - des brancards - des civières - l'usage des rayons X à l'hôpital durant les années 44-45. Nous avons eu à lutter contre la rigidité et même l'hostilité administrative d'un maire nazi...

       Au point de vue nourriture :


       La nourriture fut toujours insuffisante pour les malades et les infirmiers. Dans l'impossibilité d'obtenir des régimes pour les malades, ceux-ci étaient dirigés au plus tôt sur des hôpitaux spécialisés : Bilin, etc. Nous avons obtenu pour certains le régime lacté. Sans les colis des parents, les envois de France et les secours de la Croix-Rouge et les derniers mois les colis anglais et américains pour les malades, les hospitalisés et les infirmiers n'auraient pas pu tenir.



       Au point de vue de l'aumônerie :


       Le service était fait par un aumônier qui, après quelques mois difficiles à cause de la mauvaise volonté d'un sous-officier gardien allemand, réussit à organiser le culte d'une manière satisfaisante pour les malades et le personnel. Des messes étaient dites dans les différents kommandos par deux prêtres.


       La région desservie par l'infirmerie comprenait tout le district d'Aussig où travaillaient 3000 P.G. La "Revier" recevait aussi des malades du district de Wistritz, de Brüx, de Böhm. Leipa ...


       Chaque jour à l'exception du dimanche, les P.G. pouvaient se présenter à la visite médicale. Sous la surveillance des sanitaires allemands, sévère au début, relâchée ensuite et même nulle à la fin, le médecin français passait la visite des P.G. qui venaient de tous les kommandos du district. Suivant les cas, il accordait repos, soins suivis d'une nouvelle visite ou hospitalisation. Ceux qui étaient hospitalisés recevaient les soins appropriés. Guéris, ils retournaient à leurs kommandos. Les malades inaptes à travailler étaient dirigés sur le stalag. Les tuberculeux et autres, atteints d'une maladie à évolution lente, étaient conduits vers les hôpitaux spécialisés : Mühlberg, Eltershorst, Winterberg, Gnaschwitz, Schmorkau, Kônigswartha. Quelques malades étaient évacués sur Bilin, parmi eux les cas chirurgicaux légers : phlegmons etc.



       Les P.G. dont l'état des yeux et des oreilles-nez (ORL) exigeaient une visite spéciale recevait une feuille qui leur permettait d'être soignés par un spécialiste militaire ou civil. A noter que ces spécialistes ont été très consciencieux, ont toujours donné la plus grande satisfaction. Tous les malades soignés par eux gardent d'eux un excellent souvenir.



       L'infirmerie ne gardant pas les malades graves, mais les évacuant sur l'hôpital militaire d'Aussig, n'a eu à déplorer que trois décès :(méningite, diphtérie, tuberculose au 3°). Les cas ont été signalés en leur temps aux services français qui ont averti les familles.



       Hôpital d'Aussig :
       Les malades dont l'état exigeait des soins très grands  ou une intervention chirurgicale urgente ou encore une position couchée de longue durée étaient dirigés sur l'hôpital d'Aussig. Le personnel sanitaire de cet hôpital fut toujours correct et consciencieux pour les prisonniers.
    Parmi les religieuses, toutes dévouées, nous signalons une qui fut vraiment admirable pour sa charité. Tous les malades soignés par elle sont là pour en témoigner. Les prisonniers avaient le même régime alimentaire que les blessés allemands. Quelle différence avec le régime de notre infirmerie !

    Pouvaient être admis à l'hôpital d'Aussig :

    - les cas chirurgicaux urgents et graves ;
    - les cas médicaux exigeant une position couchée de longue durée et ne pouvant être évacués sur un hôpital spécial pour les prisonniers.


    Les service de l'aumônerie était fait par l'aumônier français de l'infirmerie.



    Les morts à l'hôpital d'Aussig ont tous été enterrés religieusement au cimetière central de la ville d'Aussig en présence de délégations de camarades. Tout a été exécuté dans l'ordre.


    Le personnel médical de l'infirmerie d'Aussig-Pokau en 1942
    Au 1er rang : abbé LE PEMP, ARIS, LAFORE, VEYSSIERE
    Assis, au 2ème rang : MORICEAU, RACINOUX, Dr LERICHE, BELLOIR, CULINE
    Debout : IMBERT, LENAY, PAPIERSKI, BOVY, MARTIN


       Liste de médecins et des infirmiers ayant soigné des P.G. à l'infirmerie de Pokau : docteur (capitaine) anglais BARKER - Dr (adjudant) BARRAUD - Dr (lieutenant) LERICH - Dr (capitaine) MADRANGES - Dr (capitaine) VALDEYRON - 

    Infirmiers : les sanitaires BOVY (belge) CERGETTA - DELORME - DURAND - GALLAS - HOEBECKE - JOUAN - LE PEMP - LESAGE - MAININI - PAILLOT - QUESSON -

    Médecins allemands : Dr Bardackoy, médecin-chef de l'hôpital d'Aussig - Dr Migura (ORL très compétent) - Dr Chwarz et Stephan (chirurgiens très compétents et consciencieux).

    A signaler que les chirurgiens et médecins allemands d'Aussig ont été consciencieux, bienveillants même, pour les P.G.

    Les dossiers régulièrement rédigés par eux ont été sérieux.



       Archives de l'hôpital d'Aussig :

       Tous les dossiers des malades soignés à l'hôpital d'Aussig ont été expédiés par l'intermédiaire de l'infirmerie de Pokau, soit au stalag IV C, si les P.G. étaient guéris, soit aux hôpitaux où étaient dirigés les malades non encore complètement guéris.


       L'infirmerie de Pokau expédiait régulièrement au stalag IV C les dossiers des malades qui pouvaient avoir des réclamations à formuler plus tard. De même, les malades qui étaient conduits de l'infirmerie vers un autre hôpital, avaient un dossier qui les suivaient. Les archives de la Kranker-Revier de Pokau ne possédaient aucun dossier.



       Quelques prisonniers ont reçu des attestations signées des médecins français ou anglais. Le dernier homme de confiance de l'infirmerie, ayant toujours été affecté à cette infirmerie, est à même de donner de nombreux renseignements. Resté le dernier à son poste, il s'est étonné que la Croix-Rouge ne soit pas venue pour l'évacuation des malades. Ceux-ci ont été évacués par train avec toutes les précautions possibles . Quelques ambulances venues en temps opportun auraient permis le retour en France d'une partie du matériel réquisitionné en France et surtout le retour de quelques médicaments. Ne voulant pas que ces produits pharmaceutiques soient perdus, l'homme de confiance les a fait prendre par l'hôpital d'Usti-nad-Labem dont les tchèques avaient pris la direction.



       En bref, l'évacuation des malades a été régulièrement faite par le médecin capitaine anglais aidé des sanitaires. Une partie des médicaments restés a été livré à la Croix-Rouge de Prague, l'autre partie à l'hôpital d'Aussig.


       Les dossiers concernant les pensions obtenues des compagnies d'assurances ont été expédiés au stalag. Ce travail était exécuté par les services allemands. Le signataire de ces lignes, se déclare disposé à répondre aux questions qui pourraient lui être posées ...

       Après l'évacuation de l'infirmerie :

       Pendant plus d'un mois après l'évacuation des malades de Pokau-  Revier, l'homme de confiance de cette infirmerie est resté pour rassembler les isolés, recueillir les blessés évacués d'autres hôpitaux et pour organiser le départ de tous les P.G. A cet effet, il s'est mis en relation avec l'homme de confiance du stalag, PASCAUD, dont il a suivi dans la mesure du possible, les ordres et les consignes.


       C'est ainsi qu'il a pu organiser pendant plusieurs semaines le ravitaillement et l'hébergement de 150 P.G. transformés et requis français ; en cela il a été aidé puissamment par les Tchèques qui se sont montrés admirables et par des camarades français comme le sergent-chef FEUILLADE, AUBRY et VERGER. Il a aidé aussi les jeunes requis à organiser le train de départ des malades en fournissant matériel de couchage et vivres.



       Il a fait évacuer par ambulances américaines des blessés américains et anglais, des déportés français et luxembourgeois.



       Il est parti, enfin, le dernier, accompagnant les deux derniers malades français dans des ambulances venues de France pour la dernière évacuation. Il pouvait affirmer au moment de son départ que tous les Français qui désiraient rentrer, étaient évacués.


    Signé : abbé Corentin LE PEMP, professeur à Moëlan/Mer (Finistère) document découvert dans les archives "Pascaud".

    Nota : les trois photos ont été prises au même endroit et sont toutes de 1942 comme le précise la légende du cliché 3 reproduit dans le journal "Le Lien" de l'Amicale du IV C.

    Photos : collection privée L.P.-D. sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR

    24 février 2016

    Pierre PEYRILHE

    Tué deux mois avant la liberté...




     Pierre PEYRILHE, mon grand-père paternel, était né le 14 janvier 1910 à Salles-d’Aude (Aude). Il était ramonet (régisseur agricole employé à soigner les chevaux) et habitait à Coursan (Aude), avenue de Toulouse. Il avait épousé ma grand-mère en 1933 et mon père était né en 1936.
    P.G. du IV A
     2ème classe au 3ème bataillon de chasseurs pyrénéens (2ème demi-brigade), il est fait prisonnier au fort de Roppe (près de Belfort) au soir du 20 juin 1940.
    D’abord détenu à l’Oflag IVB/Z sous le n° matricule 2.116, il est transféré au Stalag IVA le 25 septembre 1940.




    La famille Tomisch et Pierre tenant le chien



      Le 9 novembre 1940, il arrive dans l’entreprise de transport de Martin Tomisch à Lauenstein (45 km au sud de Dresde) en tant que chauffeur. Il est bien traité par ses patrons, reçoit des cadeaux pour Noël, est invité, en 1942, au mariage du fils de la famille (sous-marinier à bord d’un u-boot en France) et mange à la table familiale. Il s’essaye même au ski (photo ci-contre).

      En 1943, il devient travailleur civil et vit chez ses patrons. Il loge dans un petit appentis attenant à la maison qui lui est réservé. Il dispose d’un lit et d’un poêle à bois (il n’est pas rationné en bois et peut donc se chauffer relativement correctement). Avec son camion, il livre aux alentours de Lauenstein essentiellement du charbon et des pommes de terre. 



    Le camion de livraison de l'entreprise Tomisch


       Le 6 février 1944, il est arrêté chez ses patrons par la police allemande pour relation avec femme allemande et redevient prisonnier de guerre. Selon le témoignage d’un de ses compagnons de captivité, Martin Tomisch a fait tout ce qu’il a pu pour le faire sortir de prison mais sans succès. C’était certainement difficile pour lui d’intercéder pour un prisonnier de guerre français, surtout en 1944, sans se mettre en péril lui-même…. C’est un certain Jean GAUDION qui l’a remplacé chez les Tomisch du 7 février 1944 au 8 mai 1945. Je n’ai aucun renseignement sur ce prisonnier. 
    P.G. en captivité à Lauenstein (coll. privée)
        De sa date d’arrestation au 5 mars 1944 il est incarcéré dans une prison civile. Du 5 mars à juillet 1944 il est hospitalisé à l’hôpital de Schmorkau. En juin 1944 il est présenté devant un tribunal militaire allemand et est condamné, le 14 juin 1944, à 2 ans de forteresse (3 ans avaient été initialement requis). La jeune fille concernée, traduite elle aussi devant le même tribunal, est condamnée à 5 mois de prison.

      A sa sortie de l’hôpital, il retourne au Stalag IVA (kommando 734) puis est transféré au XXB (kommando 670) où il reste peu de temps (il dit dans une lettre que le XXB est un stalag de punition : il a droit à une lettre et une étiquette colis par mois. Il écrit, pour rassurer ma grand-mère que la vie y est supportable, que le travail est varié et parfois agréable et qu’ils mangent passablement bien).

      Il est enfin envoyé au IVC et plus précisément au kommando de Triebschitz III (kommando F1). Je n’ai aucun renseignement sur cette période. Je ne sais pas en quoi consistait ce kommando et où il travaillait. Ses lettres à ma grand-mère deviennent alors rares et ne disent rien. Il tente de s’évader et est abattu le 5 mars 1945 par un adjudant du camp. Il est enterré dans le cimetière de Tschauch le 09 mars (d’après les témoignages de ses compagnons de captivité).



    P.G. du IV A avec Pierre PEYRILHE, 4ème depuis la droite

       J’ai, en ma possession, plusieurs noms de camarades de captivité :
    - René RIGAUD de Bram et Pierre DAURIAC de Lézignan-Corbières qui étaient avec lui dans les derniers mois de sa vie ;
    - Pierre BERGE de Marcorignan ;
    - SCOUANNEC (je n’ai pas le prénom) qui était avec lui à l’hôpital de Schorkau et qui est décédé d’une péritonite le 1er avril 1944 ;
    - CORLAY de Saint-Romain-de-Benet (avec qui il était, semble-t-il, dès le début de sa captivité) ainsi que le nom de l’homme de confiance du kommando Triebschitz F1 : le sergent ZERBINOF.


    La maison des Tomisch.
    Sur la droite, l'appentis où logeait Pierre
      La famille Tomisch vit toujours dans la maison. En 2013 je me suis rendue à Lauenstein et j’ai pu voir l’endroit où mon grand-père a passé la plus grande partie de sa captivité. J’ai regardé la maison de l’autre côté de la rue sans oser frapper à la porte, ne sachant comment je serais reçue. C’est à mon retour en France que j’ai décidé d’écrire aux Tomisch qui m’ont envoyé une seule et unique lettre (avec des photos) me racontant la vie de mon grand-père chez eux.

      J’ai aussi réussi à retrouver la jeune fille (grâce à la retranscription du procès qui se trouve aux Archives Nationales de France et dans lequel son nom est mentionné) et je lui ai envoyé un courrier. Depuis bientôt deux ans nous correspondons régulièrement. Elle m’a raconté ses souvenirs et le traumatisme qu'elle a subi avec le procès, son emprisonnement et le bombardement de Dresde qu'elle a vécu. Elle est maintenant la seule personne encore vivante qui ait connu mon grand-père.

      
       Je suis preneuse de toutes les informations et notamment celles sur la fin de sa captivité et sur le kommando de Triebschitz III (kommando F1) dont je ne sais rien.

    Texte de Françoise Peyrilhe

    Photos : collection Françoise Peyrilhe (sauf P.G. à Lauenstein) sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR

    Si vous avez des infos sur les compagnons de captivité de Pierre, envoyer un mail à : f_peyrilhe@yahoo.fr
    Remerciements à Françoise pour ce témoignage