27 février 2017

Hubert RIBES


   Né le 10 avril 1912, Hubert RIBES s'engage pour 2 ans et demi le 03 avril 1931 et est affecté au 3ème Zouaves à Constantine puis se réengage pour 1 an et demi jusqu'au 03 avril 1933.

   Le 02 septembre 1939 il est rappelé par ordre de mobilisation générale et rejoint dès le lendemain le centre de mobilisation de l' Infanterie à Tarascon où il effectue une période de six jours. Il est affecté au régiment du 12ème Zouaves (1er bataillon, 3ème compagnie).

Il sera fait prisonnier le 14 juin 1940 à Le Buisson (Marne) et arrive au stalag IV C le 12 septembre venant directement du front. On trouve son nom sur la liste officielle n° 15 fournie par les autorités allemandes et il aura le matricule 6714.

Les Cheminots de Brins Schnekerdorf en mai 1941
Avec (sans place sur la photo ...) :
DUBURQUE, GENOT, PENAULT (ou Renault), SCHILTZ,
GUESNOT, GILBERT, DUCOT, YAN, CAMET, OBERT, BLIN, RIBES,
COUTEAU, SARDA, LEGUME, RAOUX, RIGAULT, THÉBAULT (ou Thibault)
D'après son carnet de notes il a séjourné dans plusieurs camps dont voici la liste et les dates :




- Brins Schnekendorf (devenu Brniště Hlemýždí) du 29/09/1940 au 27/07/1941 ;

- Reichstad (aujourd'hui Zákupy) 27/02/1941 au 15/07/1942 ;

Kommando de Reichstadt en juillet 1941 avec : HAUTIN Robert, GALLET, ADER,
 MICHAUD, DOLBAT, LE CHAPTOIS,  OBERT, RIBES, MABELLOT


- Trieibschitz (Třebušice) du 16/07/1942 au 30/09/1942 ;
-  
Eichwald (Dubí) du 01/10/1942 au 25/05/1943 ;
Hubert RIBES est le 3ème à partir de la gauche

Hubert RIBES, assis 1er à gauche.
Les deux photos ont été prises à Eichwald en 42 ou 43

- Siebengiebel du 27/07/43 au 16/11/1943 ;
Les prisonniers employés chez Zeist à Teplitz
- Teplitz (Hansasstrasse) du 17/11/1943 au 08/05/1945 où il travailla à l'atelier Zeist qui effectuait des réparations de véhicules civils et militaires.




   Hubert sera libéré par les Russes le 8 mai 1945 à 05h du soir d'après ses annotations laissées sur un petit carton (copie jointe) où il mentionne qu'il a séjourné ensuite à l'hôtel Germania de Brux (Most) durant quelques jours.

Article de Bernard Ribes (*) avec photos inédites
(mise à jour du 27/02/2017).
L'article original de 2012 n'a pas été modifié, seules des photos ont été ajoutées,  
 

Les photos et documents publiés sont sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR

(*) Bernard RIBES nous a quittés le 02/12/2015

01 février 2017

Exposition à Reichenberg

Exposition "Notre France"
à Reichenberg du 19 nov. au 03 déc. 1944

     Les paysages qui forment le cadre habituel de notre vie d'exil et dont nous n'apprécions pas totalement la splendeur parce que nous les voyons "en prisonniers" et non "en touristes", seraient-ils plus merveilleux encore, ne nous feraient pas oublier le coin de France où nous avons laissé notre bonheur ! Pour en avoir été privés nous en sentons un impérieux besoin de tout ce qui est Français, de tout de qui comprend notre Patrie.


   Quelle joie n'éprouvons-nous pas si nous découvrons une photographie de tel coin de terre française où s'est déroulée notre enfance, ce village où nous avons vécu des jours heureux, ce quartier où la vie était si dure et qui nous a laissé de si bons souvenirs ! En somme ce qui nous manque le plus, avec la présence de ceux qui nous sont chers, c'est se sentir "chez soi", d'entendre autour de soi parler sa langue maternelle. 



      Au cours de nos sorties nous ne voyons que des inscriptions qui, bien sûr, nous sont devenues compréhensibles avec le temps, mais elles n'ont pas pour nous le charme de celles qui jalonnent nos routes de France : "Attention école", "Sens interdit", etc. L'enseigne du café du coin "Bar des Sportifs", par exemple nous semble combien plus belle que celle du Gasthaus "Zur goldenen Kugel". Quand nous avions encore la joie de voir de temps à autre un film français, l'apparition sur l'écran d'un artiste connu, la silhouette d'un "flic parisien" ou bien un détail qui symbolisait bien notre "chez nous" suffisait à faire éclore un peu de gaîté dans nos cœurs. Tout ce qui est susceptible de nous rappeler notre douce France nous attire ; ce sont ces sentiments que les P.G. de Reichenberg ont éprouvés en visitant l'exposition "Notre France" qui a eu lieu au Colloseum du 19 novembre au 03 décembre.
   

    Le visiteur est frappé dès son arrivée par nos trois couleurs lumineuses qui décorent le fond de la salle ; dans le blanc de cet immense drapeau se détache en un relief du plus heureux effet, l'harmonieux contour de notre Pays surmonté des mots "Exposition notre France" en lettres dorées.



    Puis il se dirige naturellement vers l'écusson aux armes de sa province qui est fixé sur l'épaisseur de table imitant la pierre blanche, des livres, des brochures sont à sa disposition, il peut les feuilleter à loisir, y admirer les joyaux artistiques dont la France est si riche, il y découvre aussi des coins qui lui sont familiers, de temps en temps le silence presque religieux des visiteurs est troublé par une exclamation : "Dire que j'habite là, au bout de cette rue", puis le silence rétabli, cette image découverte en provoque d'autres dans le cerveau du pauvre "Gefang". Des scènes de la vie d'autrefois, des souvenirs des jours heureux !

 
Les écussons des province sur l'épaisseur de ta table
et la Tour Eiffel de TERRADE, notamment

     Les murs sont tapissés d'affiches qui font penser à certaines salles d'attente de gares ou aux bureaux d'agences de voyages ; également aux murs des photographies représentent des cités plus pittoresques de France ; des dessins et des peintures de BOUTHIER (Eugène BOUTTIER) dont un magnifique Mont St-Michel et de SOCCORSI dont les Marines furent une fois de plus admirées.



     Sur les tables parmi les beaux ouvrages consacrés aux provinces sont exposés des cadres en bois signés de ROBINET, LUC, MANDANNET et LAFOND. Des bois gravés de DARD dont le plus beau représente deux paysages bourguignons, des coffrets de marqueterie  de AUGUSTIN, LAURENT, ALLONCHE, CAVALLI, VERGUAUX et DIABAT ; deux merveilles de patience et d'art : ce sont sculptés dans la masse, une Tour Eiffel de TERRADE et un Christ de BOITEAU. À la place d'honneur, parmi les travaux de "Gefang", des broderies !... oui je dis bien de fines broderies exécutées par les doigts de fée d'un des forts athlètes du district !


Le Christ de BOITEAU, le Mont St-Michel de BOUTTIER et les Marines de  SOCCORSI
sont, entre autres, visibles sur ce cliché

    Dans un coin une chaumière normande présente successivement par une ouverture les réseaux, ferroviaires, fluviaux et routiers français, le tout synchronisé avec un éclairage intense, s'estompant quand une carte disparaît pour faire place à une autre ; un chef-d'oeuvre d'ingéniosité de deux camarades électriciens.
 
Le réseau ferroviaire  sur une carte de France


Dans un coin un "mirador phare" éclairant blanc et rouge, placé sur un barrage a la prétention de  représenter la Bretagne ! Puisque nous sommes chez les marins signalons deux jolis bateaux dus au travail de PELAPRAT et CHANDELIER. À l'extérieur, deux galeries présentent des photographies, des gravures mettant en valeur des détails de la cathédrale de Vezelay et des chefs-d'œuvre de la peinture française.



  En plus des paysages, des sites, des villes, des villages et monuments, beaucoup d'entre nous n'ont-ils pas découvert des merveilles à côté desquelles nous avons vécu autrefois sans les remarquer et qui nous tarde maintenant d'aller contempler ...



  Merci aux camarades qui se sont dévoués pour réaliser cette invitation à un voyage qu'en cette fin d'année nous souhaitons tous très proche !



signé : un Ex... posant

Sources : "Reflets" n° 45 de janvier/février 1945 pour le texte (collection personnelle). Les photos illustrant l'article proviennent des archives Pascaud.

Les photos et le texte sont sous licence Creative Commons 

31 décembre 2016

Bonne année 2017 !










          A TOUS LES LECTEURS DE CE BLOG !


Dessin du n° 34 de "Reflets", journal du IV C, de janvier 1944



Nota : Vous pouvez suivre la vie de l'ensemble des Stalags du Wehrkreis IV  et bien sûr du IV C, avec des publications quasi quotidiennes et des milliers d'infos, documents et photos déjà publiés, en rejoignant le groupe Facebook "Stalags IV" qui compte plus de 400 membres !
https://www.facebook.com/groups/275126899218925/

13 décembre 2016

Jean BERNACHOT


Jean BERNACHOT -  P.G. 1.000



   Mon père, Jean BERNACHOT, né en 1915 et décédé en 1962, a passé cinq ans au Stalag IV C.

   Il a d'abord effectué son service militaire d'octobre 1936 à octobre 1938 au 27ème R.I. de Dijon (Côte-d'Or). Rappelé en mars 1939 et affecté au 21ème bataillon du même régiment, il a ainsi séjourné environ un an en Alsace, à Village-Neuf, à quelques kilomètres de Bâle (Suisse), aux frontières franco-suisse-allemande. Avec son régiment il a participé à la construction d'ouvrages de la Ligne Maginot, ouvrages qui n'ont d'ailleurs jamais été terminés... 
Son séjour dans la région fut assez agréable et la population accueillante ; la troupe se mêla aux festivités villageoises et la musique régimentaire - dont mon père faisait partie - animait les dimanches.

   A partir de mars 1940 il a parcouru la région dans tous les sens avant de combattre l'ennemi et être fait prisonnier à La Chapelle-sous-Rougemont (Territoire de Belfort).

Herrlich vers 1935
   Après avoir passé un mois à Mulhouse, il est envoyé par train dans les Sudètes, à Herrlich (Hrdlovka), et va travailler dans la grande ferme de Ferdinand  Zuber, puis de temps en temps sur des chantiers locaux. 

   Herrlich, village aujourd'hui disparu, - 1 - était une cité minière avec trois puits pour alimenter l'Hydrierwerke de Brüx.

 Selon son Ausweis de 1944, mon père dépendait de l'Arbeitkommando 140 d'Oberleutensdorf et était autorisé à circuler dans les villages voisins : Osseg (Osek), Dux (Duchcov), Loosch (Lahost) et Bilin (Bilina).




Fiche d'aptitude sur générateurs
gaz de bois
   L'été, la ferme des Zuber employait des saisonniers slovaques et les cinq/six prisonniers de guerre français furent plus tard rejoints par des prisonniers russes et ukrainiens - hommes et femmes - "invités" à l'effort de guerre...

   Mon père, souvent affecté à la conduite du tracteur, a également effectué de nombreux transports de nature diverse pour des civils locaux : charbon, matériaux de construction, etc.

Il m'a également parlé d'un transport spécial : l'évacuation de l'épave d'un bombardier américain dont tout l'équipage avait été tué.   
   Le travail ne manquait pas à la ferme et mon père, qui était agriculteur, appréciait sa modernité par rapport à notre région.   
Le fermier Ferdinand ZUBER, son épouse et un neveu ? (le couple n'avait pas d'enfant)

   D'après les lettres que je possède en quasi-totalité, il semblerait que les P.G. de la ferme Zuber jouissaient d'une certaine liberté dans le secteur. Ils ont ainsi pu rendre visite à des "pays", prisonniers à proximité, effectuer quelques achats et rencontrer des citoyens tchèques, hommes... et femmes.


 
La tombe d'Albert  BERTRAND à Osseg
(photo de décembre 1944)
   Le 14 décembre 1944, l'un de ses camarades du 27ème R.I., Albert BERTRAND, également P.G. à Herrlich et travaillant dans l'industrie, meurt électrocuté. - 2 - 

Il est enterré à Osek où sa tombe est toujours entretenue par les Tchèques.
La tombe d'Albert BERTRAND au cimetière d'Osseg à Teplice
(cliché : Edvard D. Benes - sept. 2014)

La date est erronée puisque Albert est décédé le 14 décembre 1944
          

     Je n'ai jamais su si mon père et ses camarades avaient été transformés en "travailleurs civils".   
P.G. du Kommando de Herrlich le 01 janvier 1944.
Auguste CONSTANT, d'Espira de l'Agly (66) est le 2ème à gauche, Albert BERTRAND, + 1944, de St Martial de Viveyrols (24), calot de travers et mains derrière le dos au  1er plan et à ses côtés, coiffé d'un béret et main droite dans la poche, Jean BERNACHOT.

   Sa dernière lettre date du 01 janvier 1945. Après, plus rien ne fonctionnait.
   



La Libération par les Russes fut assez brutale et il n'aimait pas trop parler de ces événements.

   Le rapatriement a été fait par les Américains, d'abord en camion jusqu'à Schweinfurt et ensuite en train.

   Il est rentré chez lui, complètement dépaysé, le 29 mai 1945.


Témoignage de René Bernachot, que je remercie.
Textes et photos sous licence d'usage CC BY-NC-SA 4.0 FR

Toute info sur la famille ZUBER ou sur les camarades de captivité de Jean BERNACHOT est à transmettre à stalag.4c@sfr.fr qui fera suivre à René. Merci

07 novembre 2016

Pierre ROMILLAC


Pierre ROMILLAC -  P.G. 55.871

   Pierre ROMILLAC, né à Levallois-Perret le 31/08/1903, est "Compagnon Charron du Devoir" puis imprimeur à Salbris (Loir-et-Cher). Il est également saxophoniste et joue des polkas, des valses, des mazurkas dans des orchestres de style musette pour faire danser les gens les jours de fête, notamment dans l’orchestre les « Vrais de vrais » à Romorantin (Loir-et-Cher) :


   Pendant son service militaire il est affecté dans les régiments suivants : le 10/05/1925 au 30ème R.A. à Orléans ou il est classé 2ème Canonnier (6ème groupe, 16ème batterie) puis au 131ème R.I. ou il est, entre autres, saxophoniste.

   Il finit son service et devient réserviste au 131ème R.I. de Blois en mai 1926, ou il accomplira quelques périodes.

   Le 09 septembre 1939, la guerre étant déclarée, il est rappelé sous les drapeaux au 405ème Régiment de Pionnier. Il est envoyé en Alsace en tant que canonnier de 2ème classe. Il accède aux grades de caporal puis de sergent le 1er février 1940.
Sur ces photos, avec ses camarades du 405ème R.P., on peut voir qu’il a intégré un orchestre en tant que batteur, et non pas saxophoniste.





   La plupart de ces soldats ont probablement été faits prisonniers, voire pire, mais nous ne saurions dire lesquels.


 Le 20 juin 1940, Pierre ROMILLAC est capturé par les Allemands. On lui affecte le matricule 55.871 et on l’envoie à Mühlberg, au Stalag IV B.

A partir de ses notes prises dans son carnet, des Postkarten qu’il envoyait à sa famille, des lettres qu’il a reçues, des documents administratifs et militaires, et des événements historiques, nous avons pu reconstituer son parcours dans les Stalags avec une relative précision :

* 06/1940 à 08/1940 : IV B – Mühlberg (2 mois)
* 04/1941 à 03/1942 : IV C – Bodenbach (11 mois)
* 05/1942 : IV B – Mühlberg (2 mois ?)
* 06/1942 à 12/1942 : 325 – Rawa-Ruska (6 mois)
* 01/1943 à 02/1943 : IV B – Mühlberg (2 mois)
* 02/1943 à 06/1943 : IV F – Hartmannsdorf (4 mois)
* 06/1943 à 10/1943 : Weissenfels (4 mois)
La variété des lieux est due à ses 3 ou 4 évasions.
Dans ses récits il ne nous a pas précisé de dates. Il préférait se focaliser sur des anecdotes telles que :
- comment il a reconstitué un vélo en vue d’une évasion en piquant çà et là des pièces aux gardes allemands ;
- comment il s’est moqué d’un officier allemand qui menaçait les prisonniers en les prévenant qu’ils seraient : « sévèrement fusillés » s’ils tentaient de s’évader ;
- ou bien comment, avec un camarade, il avait sauté d’un train en marche au nez des gardes allemands : s’étant concerté avec son copain il aurait dit : « Si tu sautes, je saute … ».

   Au cours de ses évasions par les trains qui le rapprochaient de la France, il se cachait dans des wagons de marchandises. Pour ne pas que les chiens des Allemands le repèrent, il se procurait du poivre et en mettait par terre à l'intérieur des wagons. Il s’amusait également du fait que les Allemands avaient beaucoup de mal à compter les prisonniers français, ces derniers étaient très fort pour brouiller les comptes en se décalant dans les rangs comme dans le film « La vache et le prisonnier » d’Henri Verneuil avec Fernandel. 
Il trouvait aussi qu’il y avait des gardiens amicaux qui faisaient ce qu'ils pouvaient pour être gentils avec les prisonniers.
C’est au stalag IV C, à Bodenbach/Elbe, qu’il est resté le plus longtemps, soit 11 mois. On le voit sur ces photos en décembre 1941, où il fait partie d’un orchestre en tant que batteur, comme au 405 ème R.P.

A la même époque (décembre 1941) avec des camarades du IV C
Charles VERGEREAU (1er rang, 3ème à partir de la droite), est la seule personne identifiée pour l'instant sur ce cliché avec Pierre ROMILLAC (2ème à droite au 2ème rang) 

Postkarten, envoyées par Pierre à sa famille à Salbris et Romorentin

Demande de permission (restée sans suite) adressée par son père, Auguste Romillac,
au Stalag IV C le 3 juin 1941


   Plus tard, retour au Stalag IV B à Mühlberg.

Pourquoi se retrouve-t-il en juin 1942, à Mühlberg, transfert, ou repris après une évasion ?
En tout cas une vingtaine de jours plus tard il sera conduit à Rawa-Ruska. Sa présence au camp de représailles n°325 de Rawa-Ruska (à partir de juin 1942), "Le camp de la mort lente" comme le disait Churchill, est la conséquence de ses tentatives d’évasions manquées. Il n’y resta que 6 mois jusqu’au début de l’année 1943, car le camp fut fermé par les Allemands le 19 janvier, à cause de la progression des Russes (et peut-être aussi grâce à la pression de la Croix-Rouge, d’après d’autres sources..), et les prisonniers renvoyés dans leurs camps d’origine.

Et donc second et dernier retour à Mühlberg pour Pierre ROMILLAC. Puis, à partir de juin 1943 c’est 4 mois à Hartmanndorf, le stalag IV F, 4 mois à Weissenfels en tant que travailleur civil.

   Il s’évade définitivement le 10 octobre 1943, comme l’atteste sa carte de membre de l’Association des Prisonniers de Guerre :



   Par la suite il vivra en France dans la clandestinité jusqu’à la Libération.


Brouillon d'attestation d'évadé pour l'obtention de la médaille qu'il a obtenu le 10 juillet 1949



Liste de camarades de captivité inscrits dans son carnet

Lettre, de Robert Forthoffer (K.G. 50.258 – Stalag V C - Wildberg)
qu’il a connu à Rawa-Ruska


Récit de Florent Sallé, petit-fils de Pierre Romillac.
Photos et documents sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 FR
(collection Florent Sallé et famille Romillac)

01 août 2016

Plus de 70 ans après la guerre, le portrait d'Auguste BONIS remis à sa fille ...


Il y a quelques semaines je publiais sur ce blog les photos d'inconnus du IV C dont certaines retrouvées en Tchéquie et aimablement communiquées par un fidèle correspondant.

Moins d'une semaine plus tard, Anne me contactait car elle avait reconnu parmi les portraits celui de son père...

Demain, 02 août, le portrait d'Auguste BONIS lui sera remis par les historiens Tchèques auteurs de la découverte.

Merci à Edvard, Karel et autres pour leur coopération !

Lire ci-dessous l'article de presse du quotidien
"Deník" 

Article de presse du 29.07



Auguste BONIS (debout à gauche en chemisette claire et cravate)
et autres camarades en mai 1942 (collection Anne Bonis)




12 juillet 2016

Les Gais Lurons



       Pratiquement tous les "gros" Kommandos de travail avaient leur troupe de théâtre et leur orchestre...

       Dans le n° 5 de "Reflets", le journal du IV C, paru en août 41, le prisonnier de guerre Marcel CHARGEBOEUF nous conte les premiers pas des "Gais Lurons" au sein du Kommando de Schwaz (aujourd'hui Světec)  dans le district de Bilin. 


Pierre BOYET, accordéoniste au centre et Marcel MESNIL à la batterie 


"" Le Kommando de Schwaz est un groupe de plus de 280 P.G. français qui travaillent dur dans les mines de charbon. A l'exemple de nombreux autres camps, celui de Schwaz a voulu monter sa troupe théâtrale.

C'est maintenant un fait accompli. Les Gais Lurons sont officiellement constitués et on donné leur grande première dimanche dernier 13 juillet. Les débuts sont prometteurs et tous les camarades ont pu passer ainsi un bon après midi.

Les Gais Lurons ont leur régisseur, Roger BAYARDON, leur metteur en scène, M. l'Aumônier Édouard TAVERSON, leur répétiteur, André REMONDIN, leurs décorateurs et machinistes, Émilion BERTELET, Jean LEMOINE, Charles POUTRAIN, Marius HYACINTHE, leurs maquilleurs et costumiers, Édouard LEYGUES, Julien FOUCHER, Camille GALLAND, leur speaker à la verve intarissable, le spirituel Roger DANTAN.

La tâche de ces camarades est ardue, mais leur bonne volonté est grande. C'est avec très peu de chose et beaucoup d'imagination qu'ils ont monté une scène, confectionné des costumes et grimés les artistes.
Les artistes sont une vingtaine, nous ne pouvons les présenter tous aujourd'hui. Signalons les pionniers du mouvement dans le camp : Jules CRULIS dit "Julot" qui tient avec tant d'entrain et un rare brio les rôles masculins ou féminins, son compère, Alexandre DELAHAYE dit "Alex", au jeu si habile qui fait croire que c'est un professionnel de la scène. Signalons aussi Henri BATIER dit "Patinette", inimitable dans la farce, André BONNIER, fin chanteur qui a tout du jeune premier, le flegmatique Jean PICARD, l'excellent Jean MORVAN dit "Viviane", Guy REYNAUT dit "Maggy", Roger RICHARD dit "Rose" qui ont su s'adapter brillamment aux exigences de la situation. Un mot encore pour le chanteur Louis LARGILLIÈRE, ténor léger de première force, qui se fait régulièrement bisser.

Nous avons aussi l'orchestre composé pour l'instant d'harmonicas ! Mais bientôt nous allons avoir un accordéon et nous reparlerons de nos musiciens dont Charles POUTRAIN et Jean WEILLE sont les vedettes actuelles.
A tous les artistes et musiciens, qui font leur possible pour distraire leurs camarades et leur faire oublier un instant les duretés de la captivité, nous disons bravo et merci ! Merci également à M. le sous-officier allemand, chef du camp, qui a bien voulu donner son précieux appui aux "Gais Lurons".

Photo : collection Jacqueline Perrin

04 juin 2016

Les Hommes de confiance étrangers



HOMMES DE CONFIANCE ÉTRANGERS


Voici les noms des hommes de confiance (généraux) étrangers en poste au Stalag IV C :

Américain : Werner MAYER (ou MEYER), 311.543/.. (dernier HDC)

Belge : Félix JABON, 18.106/IV A, (en poste en nov. 1942, vu également jusqu'en fév. 45)

Britannique : Jack PARSONS, 94.280/... puis Richard HILTON, 95.543/IV B puis Fred HINDLE, 258.307/.. (vu à ce poste le 27 octobre 44 et jusqu'à la fin de la guerre)

Cypriote : Jack HADJIVANNOU (ou HADJEOANNOU), 94.286/IV B (en poste de 1942 à la fin de captivité)

Italien : Giordana MARCON, 153/I F, adjoint : Luigi BALLARDINI
  

Néerlandais : Jean BEINTEMA, 96.500/IV B (dernier HDC)

Polonais : ... PANKEWIEZ,

Serbe (et Yougoslave) : Jovan MILUTINOVIC, 3720/..160 (vu à ce poste depuis au moins oct. 42 et jusqu'à la fin de la guerre).


 

01 juin 2016

Le Livre du IV C


   Le livre qui n'est jamais paru ...


   Peu de temps après le retour de captivité, le bureau de l'Amicale du IV C envisagea de publier un ouvrage sur le seul Stalag implanté entièrement en pays Sudètes.

Une souscription (sans envoi d'argent) fut lancée dans "L'écho du IV C", le journal de l'amicale, et un appel fut fait aux anciens prisonniers afin qu'ils relatent leurs aventures, drôles ou cocasses, malheureuses voire franchement terribles ...


Les témoignages arrivèrent par dizaines et une petite équipe, animée par Jean GOUROT - l'ancien bibliothécaire du Kommando 459 de Brüx -, se chargea du travail de tri puis de rédaction.

A la fin de l'année 1952, le "Livre du IV C" est pratiquement terminé mais les souscripteurs ne sont que quelques centaines... (il y a, à l'époque, environ 1.500 Amicalistes sur les 20.000 anciens P.G. du camp).



Le décès brutal de "Biblio", surnom de GOUROT, en 1953, remet en cause une partie du travail et l'organisation de "l'équipe du livre".

Malgré tout, dans le numéro 63 du journal "Le Lien" (qui a succédé à "L'écho du IV C"), les divers chapitres sont publiés et l'encart publicitaire annonce un ouvrage de 300 pages avec "du rire et de la sensibilité ... "
Voici les 15 chapitres annoncés en cette année 1954 :


Prologue : dialogues apocryphes.
1 - Les débuts
2 - L'organisation
3 - Naissance des castes
4 - La grande usine
5 - Stalag-Mythes
6 - Labourages et brigandages
7 - Prolétariat des Sudètes
8 - Hommes en blanc et Pêcheurs d'âmes
9 - Babel-Brüx
10 - Abwehr et jeunes donzelles
11 - L'amour est enfant de Bohème
12 - Scènes de la vie de Bohème
13 - La mort qui tombe des étoiles
14 - Entr'aide et confiance
15 - L'herbe ne poussera plus

Les années passèrent ...

En 1960,
 la souscription était toujours ouverte mais depuis la fin de la guerre des dizaines de souscripteurs avaient quitté ce monde ...
Finalement le "Livre du IV C" n'est jamais paru !

Que sont devenus les témoignages, les épreuves du projet ?
Qui en détient - tout ou partie - aujourd'hui ?

Outre GOUROT, les membres de la "commission du bouquin" étaient en 1953 :
BON, BONNARD, CORBE, CORNELOUP, DAVESNE, GAUDIN, GIRAUD, GRANLIN, KOLLER, MARIDOR, PATOZ, 


Les épreuves du livre doivent être chez les descendants de l'un d'eux (sauf BONNARD et CORBE ... prêtres !)


Vous avez une info à ce sujet ? N'hésitez pas à me joindre !
 

La mémoire des P.G. du IV C doit être sauvegardée.

05 mai 2016

Auguste-Jean GAUDIN


Portrait d'Auguste-Jean GAUDIN



"GAUDIN
Un type comme on en voit peu.
GAUDIN vu par Jean-Louis MERLE "el Zazou"
( © collection privée)

Une figure ovoïde axée de travers, un menton anormalement proéminent, des lèvres tordues par un rictus perpétuel, un nez qui n'en finit plus, des yeux brillants de fièvre, des joues creuses et blêmes, une barbe qui ébrèche le rasoir, une tignasse impossible à décrire, tels sont les éléments d'une synthèse qui semble imputable au ciseau du sculpteur décadent en mal d'inspiration surréaliste. Cette tête étrange, juchée sur un torse maigre qu'encadrent des bras efflanqués, d'une longueur inusitée et que soutiennent deux guibolles paradoxalement courtes, est l'aboutissement d'un ensemble qui suffirait à lui seul, si l'on tentait un essai de classification orthodoxe, à faire ranger Gaudin hors de toute catégorie bien déterminée.
Au moral c'est également un personnage rigoureusement à part.
Il est entendu que la Bohème n'a pas survécu à Murger. Trop longtemps, en effet, elle a servi de masques aux cyniques et aux faux-sceptiques. Il existe toutefois, de part le monde, quelques désabusés qui ne croient plus à rien, qui n'ont aucun souci des valeurs officielles ou des droits acquis, qui vivent en eux et pour eux, sans être dépourvus cependant d'un altruisme bourru et véritable. Ils contribuent Villon et Rimbaud, Trillo et Jules Vallès. Le jargon moderne les qualifie de non-conformistes. S'il fallait absolument accoler une étiquette à Gaudin, ce serait celle là.
Comme beaucoup de réfractaires, il reste sensible à l'harmonie. Celle des couleurs surtout puisque c'est un peintre. Pas à l'harmonie reconnue d'utilité publique mais à une harmonie intérieure, personnelle, subjective.
Un semblable état d'esprit ne s'explique pas. Au surplus avec sa logique de rapin, Gaudin s'en fout."


Signé : Charles PATOZ




    Avec six autres peintres, dont Jean-Louis MERLE auteur de son portrait, GAUDIN faisait partie du "Syndicat de la barbouille" (cf. "Stalag IV C" dessins de J.-L. Merle, textes de P. Merle - e/dite - 2005) au sein du Kommando 459 de Brüx-Hydrierwerk. 


Jules BIRAU lisant un livre au Stalag IV C à Wistritz le 03/12/1943
(Auguste Jean GAUDIN - crayon noir 209 x 147)

Toute info sur ce Jules BIRAU est la bienvenue ...


    Né en 1914 à Argentré-du-Plessis (35) Auguste-Jean GAUDIN est élève, au début des années "30", de l'École Régionale des Beaux Arts de Rennes.
Il a réalisé de nombreux dessins et gravures de scènes de la vie quotidienne au Stalag.
Après guerre, il fait de la peinture et de la gravure son métier et reçoit le prix Blumenthal en 1948. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans des musées nationaux.

Il est décédé en 1992. 

 La partie de cartes au Stalag IV C le 20/12/1944
(
Auguste Jean GAUDIN - fusain 178 x 146)

Le texte de Charles PATOZ et la caricature de A.-J. GAUDIN proviennent des archives de François Léger.
Les dessins réalisés au Stalag m'ont été adressés par François D. dont le père, également artiste peintre, a travaillé avec lui.
Merci à eux !

Les infos ont été "récupérées" sur Wikipédia.

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